© 2017 Paul Lewis.

Venise, la nuit

05/07/2018

 

En argentique, la photo de nuit a toujours été un réel défi, à moins de disposer d'un film très sensible, et encore. Même avec des films à haut ISO, la photo de nuit restait difficile, à cause des très grandes variations de la température de couleur, des différentes sources de lumière en milieu urbain, certaines très chaudes, d'autres plus froides. Et puis le bruit était souvent tellement visible que la photo était à peu près inutile, sauf peut-être en noir et blanc. 

 

Avec les appareils numériques actuels, la photo de nuit est beaucoup plus facile à réaliser. Non seulement, il est possible de monter au besoin la sensibilité du capteur très haut (surtout s'agissant des appareils haut de gamme), mais en plus on peut modifier la température de couleur, lors de la prise de vue, ou même en post-production ; c'est presque un jeu d'enfants. Ainsi, nous parvenons assez facilement à reproduire les couleurs des scènes que nous avons photographiées. Ce qui était souvent impossible en argentique, au mieux approximatif. 

 

Venise, été 2011. J'ai pris de nombreuses de photos de nuit, en me promenant, équipé d'un Fuji X100 (le premier de la lignée), un appareil très agréable à utiliser, qui me rappelait le petit Minoltina AL-S de mes débuts, avec sa lentille fixe un peu grand-angle (équivalent 35 mm). Il a tout de l'appareil télémétrique classique, notamment la légèreté et la maniabilité.

 

En 2011, le Fuji X100 était un appareil tout à fait correct, pour la photo de nuit, même si depuis les nouveaux appareils font beaucoup mieux... Les photos de nuit ont toutes été prises à 800 ISO, ce qui constituait une limite acceptable ; au-delà, les fichiers étaient difficilement exploitables. Sur les fichiers raw des photos prises à Venise, le bruit est certes très visible, mais il est malgré tout assez facile à éliminer, dès lors qu'on utilise un logiciel conçu pour cela. Ici, j'ai utilisé Noiseless Pro (de MacPhun), qui me semble donner de meilleurs résultats que lorsque j'utilise simplement Photoshop. L'opération gomme certains détails, mais globalement les fichiers sont parfaitement exploitables, et les photos, bien nettes.

 

De cette série, j'ai retenu trois photos, prises en fin de soirée (autour de 22h00), sans trépied, mais en calant l'appareil sur un mur ou sur le garde-fou d'un pont.

 

Venise, comme la plupart des destinations touristiques, ne peut être appréciée que lorsque nous sortons des sentiers battus. Les touristes se tiennent tous autour des mêmes sites, tout compte fait peu nombreux ; il est possible de s'en éloigner, et même nécessaire, pour apprécier la ville. Les photos qui suivent ont toutes trois été prises loin des secteurs les plus visités par les touristes. Elles montrent bien ce que peut vivre un flâneur qui se promène en fin de soirée, dans les quartiers de Venise. Il y a parfois un peu d'animation, particulièrement sympathique, comme on peut le voir sur la première photo ; mais le plus souvent les rues étaient vides, ou quasiment vides, malgré la douceur du temps....

 

J'aime beaucoup la dernière photo, avec la lumière rose, qui provient d'une porte qu'on vient d'ouvrir. Une couleur différente, qui tranche avec le blanc, le gris, l'ocre et le bleu, qui dominent. On a un peu l'impression que cette lumière nous amène à entrer dans une autre dimension. 

 

Ces trois photos de nuit nous donnent à voir une autre ville, une autre Venise, davantage apaisée, calme. Les trottoirs, montrés ici, sont souvent peu fréquentés, même en pleine journée. Lorsque nous nous promenons dans ces quartiers, Venise devient vraiment intéressante, loin de l'agitation qu'amènent les touristes. 

 

Fuji X100 18 mm f/2.0 1/6 s. ISO 800

 

Fuji X100 18 mm f/2.0 1/10 s. ISO 1600

 

Fuji X100 18 mm f/2.0 1/10 s. ISO 1600

 

 

 

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